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Roses, Clematis and Peonies
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La Question de la Priorité des Noms Spécifiques
(1897)  Page(s) 141 (13).  
 
Les Dönominations de R. centifolia et r. alba ne me paraissent pas devoir donner lieu à des remarques critiques. Ce sont là deux Roses cultivées de temps immémorial et qui ne peuvent guère donner lieu à des confusions.
(1897)  Page(s) 156 (28).  
 
.....L'hétéracanthie de ses axes, que le R. damascena tient du R. gallica, permet de le distinguer aisément du R. alba, comme ses dents foliaires simples, non bordées de glandes permettent de le distinguer des diverses variétés du R. gallica, y compris le R. centifolia L., dont les dents sont bordées de glandes ou des denticules glanduleux.
(1897)  Page(s) 156-157 (28-29).  
 
Rosa damascena Herrm. Le R. damascena, espèce probablement déjà cultivée du temps des Romains avec le R. gallica L. et R. alba L., n'a pas été décrit par Linné. Il est vraisemblable que celui-ci näétait pas parvenu à la distinguer parmi les variétés des R. gallica et R. alba. L'histoire de cette espèce, avant le milieu du XVIIIe siècle, est très obscure et très difficile à traiter.....Après avoir passé par Dodoens, Lobel, Clusius, Tabernaemontanus, Besler, les Bauhin, Gerard, Parkinson et Ray, on n'a rien recueilli de certain sur la Rose dite de Damas que ces auteurs ont décrite ou figurée, et on arrive à Miller sans savoir si, sous le noms divers qui paraissent avoir visé notre R. damascena actuel, on a bien eu en vue cette espèce.
Même à l'égard du R. damascena Mill. (1768), on reste dans le doute, comme aussi pour le R. damascena Herrm. (1762). Les diagnoses et les decriptions de ces deux derniers auteurs n'offrent pas les éléments indispensables pour garantir l'identité spécifique de leur plante. ...Que faire dans cette singulière occurence? Le parti plus sage à prendre, pensons-nous, c'est d'accorder crédit au nom proposé par ces deux auteurs, ou de l'accepter de confiance et de reporter la création du R. damascena à l'année 1762 et non plus, comme on l'avait fait généralement, à 1768.
On a cru que la patrie du R. damascena était l'Orient, or on peut dire que cette Rose n'a pas de patrie, puisque ce n'est pas une espèce véritable, mais bien un produit hybride, comme le R. alba L., et dont l'un des ascendants est certainement le R. gallica L. L'hétéracanthie de ses axes, que le R. damascena tient du R. gallica, permet de le distinguer aisément du R. alba, comme ses dents foliaires simples, non bordées de glandes permettent de le distinguer des diverses variétés du R. gallica, y compris le R. centifolia L., dont les dents sont bordées de glandes ou des denticules glanduleux.
(1897)  Page(s) 139-141 (11-13).  
 
Rosa gallica L. Le R. gallica est décrit d'une façon tellement sommaire dans le 1re édition du Species qu'on ne peut même pas faire la moindre supposition sur l'identité de l'espèce que Linne a eue en vue. Voici cette description:
gallica. Rosa foliis carinatis subtus scabris. Dalib. paris. 145. Habitat in Gallia.
Par la croix qui suit la citation de Dalibard, Linné prévient qu'il n'a pas vu la plante de cet auteur. Il est plus que douteux que dalibard ait en vue le R. gallica tel que nous le connaissons aujourd'hui, et qui, du reste, n'existe pas aux environs de Paris. Mais ce n'est point au Florae parisiensis prodromus de dalibard que nous devons recourir pour découvrir l'identité spécifique du Rosa foliis carinatis scabris dont il n'est pas l'inventeur. Celui-ci est de Vaillant, qui, dans son Botanicon parisiense (1727), décrit très longuement son espèce. Malgré les longs détails que cet auteur donne de sa plante, je ne parviens pas à l'identifier. Peut-être a-t-il en en vue le R. tomentella Lem., aasez répandu aux environs de Paris. Quoiqu'il en soit, on peut affirmer que le Rosa vulgaris foliis carinatis, subtus scabris de Vaillant nâ aucun rapport avec le R. gallica actuel. Nous sommes donc ici devant un nom princeps tout à fait énigmatique et que l'on applique depuis longtemps à la plus belle espèce du genre en Europe. On serait en droit de rejeter ce nom princeps comme étant de la dernière obscurité.
En 1759, dans le systema, 10me édition, la description du R. gallica est plus explicite. La voici:
gallica. 8. R. germin. ovatis pedunculisque hispidis, caule petiolisque hispido-aculeatis.
Cette fois Linné avait vraisemblablement vu le R. gallica en nature. Dans la 2me édition du Species, Linné décrit cette espèce de la façon suivante:
gallica. Rosa germinibus ovatis pedunculisque hispidis, caule petiolisque hispido-aculeatis. Rosa rubra multiplex. Bauh. pin. 481. Rosa rubra, flore semipleno. Bauh. hist. t.2.34. Rosa praenestina variegata plena Mill. Dict. t.221.f.2. Rose versicolor Bauh. pin. 481. Rosa praenestina alba et versicolor. Bauh. hist. 2.p.37. Habitat in Europa.
Linné est ici extrêmement parcimonieux de synonmes et encore ceux quîl cite s'appliquent-ils à des variétés cultivées. Lors de la publication de la 2me édition de son Species, avait-il vu des spécimens du R. gallica sauvage à fleurs simples? c'est ce qu'il est difficile de dire, même en consultant son herbier.
Le R. gallica spontané à fleurs simples avait été observé dès le XVIme siècle. Clusius (Rar. al. stirp. per Pannon. 1583) l'avait observé dans la Basse-Autriche et en Hongrie. Il proposait de lui donner le nom de R. pumila, nom repris plus tard par Jacquin en 1774 (Fl. Austr.)(j'ai vu un échantillon authentique du R. pumila Jacq. dans l'herbier d'Allioni), mais qui avait déjà une dénomination antérieure le R. austriaca Crantz (Sirp. Austr., 1763). Parkinson, dans son Theatrum botanicum (1640), décrit le R. gallica sauvage sous le nom de Rosa silvestris Austriaca flore phaenicio. J. Bauhin, dans son Historia (1651), dit l'avoir observé aux environs de Genève et en Allemagne et le décrit sous le nom de Rosa sylvestris rubella, parvo, frutice. Il en donne une figure qui est assez reconnaissable. En 1742, Haller, dans son Enumeratio, rappelle la découverte de J. Bauhin aux environs de Genève, où Ray avait déjà observé ce même R. gallica. Plus tard, dans son Historia (1768), il nous apprend que de Saussure avait retrouvé la même espèce dans cette région, où, de nos jours, elle est encore connue comme étant assez répandue.
(1897)  Page(s) 155-156 (27-28).  
 
Rosa moschata Herrm.. On s'explique difficilement le silence que Linné a gardé sur le R. moschata Herrm. en présence de tout ce que les auteurs anciens ont dit ou figurà sur cette espèce. Il est vraisemblable que cette espèce, d'origine asiatique, a été introduite dans nos jardins d'Europe depuis des temps très anciens.
Dodoens, dans son Cruydeboeck (1553) et dans ses Pemptades (1583) fait allusion à une Rose cultivée dant l'odeur suave se rapprocherait de celle de musc. Peut-être a-t-il visé notre R. moschata, qui, soit dit en passant, n'a pas plus l'odeur musquée que le R. cinnamomea n'a l'odeur de cannelle. Lobel, dans son Stirpium historia (1576), parle également d'une Rose a odeur musquée sans qu'on puisse savoir par sa description s'il s'est bien agi de notre R. moschata; mais dans son Kruydtboeck (1583) les figures qu'il donne de son Rosa moscata flore simplici et de son Dubbel muscus Roose paraissent se rapporter assez bien au R. moschata. Tabernaemontanus, dans son Neuw volkommentlich Kreuterbuch (1591) donne deux figures représentant son Rosa muscata alba (fleurs simples) et son Rosa muscata alba multiplex, qui semblent également se rapporter au R. moschata. Remarquons ici que si plusieurs espèces décrites et figurées par les anciens botanistes peuvent s'identifier avec certitude, il en est d'autres dont l'identite reste plus ou moins douteuse.
G. Bauhin, dans son Pinax (1623), énumère parmi ses Roses cultivées, ses Rosa moschata simplici flore et Rosa moschata flore pleno, auxquels il rapporte de nombreux synonymes. Il est vraisemblable que cet auteur à visé, sous ces deux noms, notre R. moschata....J. Bauhin, dans son Historia (1651), décrit et figure, sous le noms de Rosa moschata minor flore simplici et de Rosa moschata minor flore pleno, deux Roses qui paraissent bien appartenir à notre R. moschata. En 1688, Ray, dans son Historia plantarum, donne, sous le nom de Musk Rose, no. 26, une assez bonne description de R. moschata.
...Nous n'avons, dans ce qui précède, rien qui puisse nous garantir l'identité de l'ancienne Rose musquée avec notre R. moschata actuel, si ce n'est des descriptions ou des figures qui sont loin d'être parfaites.....Pour ma part, je puis dire que j'ai vu dans l'herbier de Sherard le R. moschata à fleurs doubles accompagné des phrases spécifiques des Bauhin et de Tabernaemontanus.
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